Fiza

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Artiste multidisciplinaire, Lessard s’intéresse à la relation mémoire - espace - temps et plus particulièrement aux données du lieu et comment celles-ci peuvent servir à réinterpréter et à se réapproprier des fragments du réel. C’est à travers les ruines et l’exploration urbaine qu’elle aborde maintenant l’architecture. De ces ruines, ne subsistent la plupart du temps que des restes, qui nécessairement appelle la chose qui manque, ce que l’on ne voit pas. La perte, la récursivité ainsi que les mémoires liées à l’expérience sensorielle du lieu, sont des sujets récurrents dans son travail. 

Fascinée par les données, la lumière et le son, elle utilise à la fois des technologies numériques et des outils analogiques pour opérer des protocoles afin de photographier, capturer, documenter, organiser et réinterpréter ces fragments de territoire explorés. Ainsi, elle établit des systèmes à partir de données d’où elle génère des séries d’images, de gestes, de vidéos et de trames sonores. La manipulation de ces données lui permet un examen autoréflexif des médiums utilisés tout en offrant la possibilité de rendre visible l’invisible, d'entrer en contact avec quelque chose (données et leurs systèmes) qui est normalement intouchable, opaque, inaccessible et contrôlé.  D'une certaine manière, ces manipulation réhumanise le monde des données et nous permet d'interagir avec elles à travers les sens.  

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SILO I  OSCILLO  I  SOLO

2022 

Installation sonore

Enceintes, carte de son, tube de carton

14’ diamètre 

C’est via l’architecture des lieux en ruine et des affects qui y sont inscrits que  Fiza propose une expérience sensorielle du lieu investigué soit l’usine Belgo, ancienne papetière située à Shawinigan. Sur ce vaste site, ce sont les trois silos encore fièrement debout qui ont capté son attention.  L’artiste y a prélevé des enregistrements d’ondes électromagnétiques et de sons afin d’en extraire la réverbération ainsi que l’écho présent dans l’espace. Ces derniers, ont été appliqué sur la trame sonore d’un témoignage de Denis, ancien travailleur de la Belgo. Les données des parcours effectués lors de ces visites et enregistrés via une application de géolocalisation ont été extraites afin d’en utiliser les tracés générés. Ces données diverses ont permis de créer une partition unique, de laquelle est composé un nouveau paysage numérique du lieu. Cette installation propose donc l’immersion dans un paysage sonore minimal où les limites de la perception de l'homme sont mises à mal. Sur le plan expérientiel, l’œuvre explore l’interface entre les phénomènes physiques produits et leur expérience vécue physiquement, et pose la question suivante:  à combien d’itération les données initiales peuvent-elles survivre?