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Artiste montréalaise dans la vingtaine, Charlotte Plourde développe depuis les dernières années une démarche artistique autour du concept de la féminité, dans une critique du regard masculin et de l’hétéronormativité prônée au sein de la société. Elle prend position par une remise en question de constantes oppressives, telles que la promotion de mœurs sexuelles restrictives, la fétichisation du corps nu et la réification de la femme par les médias de masse et l’Histoire de l’art. Sa pratique se définit donc par une recherche continue de la libération du corps féminin du male gaze, à travers le médium de la peinture. C’est par la citation historique et l’autoreprésentation que l’artiste se réapproprie un récit ancré dans une idéologie patriarcale, qui sexualise incessamment le nu féminin. Charlotte modifie ainsi le regard voyeur de l’artiste masculin, afin de redéfinir le concept de la féminité au travers de ses propres expériences et questionnements. 

 

La grande odalisque

2022 

Acrylique sur toile 

60” x 65” 

 

C’est dans un esprit de modifier l’espace de discussion autour de la présence du nu féminin dans l’Histoire de l’art que cette œuvre prend place. Le nu, n’étant pas fondamentalement problématique, il le devient lorsqu’il est sexualisé de manière abusive, et désintéressé d’une réalité physique, psychologique et émotionnelle. C’est ici un problème qui revient de manière constante dans l’Histoire de l’art, mais aussi dans les médias de masse et la culture populaire. Le féminin demeure invisible, il est enseveli sous des signes, des images et des messages conscients ou inconscients d’un système fabriqué par des hommes. C’est donc dans une recherche plus approfondie de la nudité, et dans une certaine utopie de changer le regard porté sur le corps nu féminin, qu’un discours se forme autour de cette reproduction de l’œuvre de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867). Troisième d’une série, cette œuvre cherche à comprendre de quelles manières le corps des femmes a été un état d’obsession dans l’histoire de la peinture occidentale. Par ce travail de citation, la femme, et ses multiples représentations, vont conquérir leur propre autonomie, se défiger et s’émanciper de toutes ces images qui les ont encastrées dans un imaginaire essentiellement masculin où elles étaient alors soumises et passives.