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Originaire d’une banlieue des Basses-Laurentides, Annie-Kim Rainville réside aujourd’hui à Montréal. Elle y termine présentement un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’UQÀM. 

Dans son travail, l’humour et la production artisanale s’entremêlent pour lui permettre de poser un regard critique sur les territoires du quotidien. Sa recherche se concrétise par une perpétuelle cueillette de matériaux, intéressée autant par les plantes locales et les poubelles au bord du trottoir que par les mots prononcés autour d’elle. Les lieux anodins l’imprègnent par leurs micro-évènements, et nourrissent chez elle un désir de reconnexion et de ralentissement. De la ruelle au milieu de travail, en passant par la banlieue et les lieux virtuels que sont les réseaux sociaux, elle tente de partager son enchantement face aux objets et aux images ordinaires. Ses œuvres s’incarnent surtout par l’image imprimée, la céramique, la fabrication de papier et le dessin. Une certaine dualité émane de celles-ci, alors que son amour pour les techniques 

« broche-à-foin » coïncide avec celui pour un travail doux et attentionné.

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Les « tu pourrais »

2022 - en cours 

Broderie sur tissu, gravure sur papier fait main 

18 x 25 cm chacune et 22 x 28,5 cm  

Les « tu pourrais » sont nés en recueillant des suggestions banalement exprimées par un entourage bienveillant par rapport à la situation de l’étudiante-artiste-travailleuse.  Ces phrases sont ensuite réappropriées en incarnant différents styles de «  WordArt », c'est-à-dire   une famille de polices d’écriture typiquement utilisée dans les années 2000 dans les fichiers Word ou Powerpoint. Pour ce faire, l’artiste s’investit dans un laborieux travail de broderie, pour lequel elle note ses heures travaillées sur des cartes de punch artisanales. 

La récurrence des mots « tu pourrais » évoque la période stimulante de la jeunesse et de la fin des études, mais suggère aussi à l’artiste une certaine pression financière reliée aux marchés du travail et de l’art auxquels elle peine parfois à se rattacher. Le regroupement des « tu pourrais » témoigne entre autres des différences générationnelles et sociales reliées à la conception et à l’expérience du travail.